Chapeau, Charlot


Un hommage à un héros des temps modernes, à l’inventeur d’une poésie en noir et blanc.

 

Si Chaplin parle encore aujourd’hui à travers son charlot, c’est sans doute par ce qu’il fait naÎtre du désordre naturel une unité suffisante pour l’esprit et le cœur

ALBERT CAMUS

Après l’exploration du théâtre noir, et du théâtre d’objets et de signes, comment repartir en création sans regar­der la route parcourue.

Chaque création est pour moi, un palier à grimper, un équilibre entre le fond et la forme, entre l’esthétique et le narratif, entre le public et le rapport scénique.

Avec « Sourde Oreille », l’aventure d’Emma, relaie mon rapport à la culture Sourde, comme un trampoline de ma vie face à mes origines. L’hisoire souligne le rapport profond que j’entretiens entre l’image et le sens. En Langue des signes, Chaplin et Charlot ne font qu’un et n’ont pas un Signe mais un Mime, celui des chaussures pointées vers l’extérieur et du tournoiement de la canne. Charlot est devenu Charlie, ou son contraire.

À travers « Chapeau Charlot », je veux poursuivre le chemin et la réflexion menée avec Sourde Oreille mais également surprendre par un nouvel élan narratif, et une exploration de nouveaux champs marionnettiques.

Avec Charlot, la marche est haute, mais l’enjeu est de taille. Ramener ce personnage au devant de la scène, à travers son vêtement, l’objet faisant sens.
 « Chapeau, Charlot » veut surprendre dans l’art et la manière !
Je veux déshabiller Charlot, et jouer avec, témoigner de ce petit bonhomme cabossé, et de son espoir en toutes choses.

Indifférent, égoïste, plein de tendresse, agressif, fantasque, anarchiste, révolté contre l’injustice et tout ce qui avilit les hommes, ce personnage est une représentation des différents visages de l’homme. Tantôt vagabond, poète, rêveur, clochard, gentleman, … son ambition est de « déshabiller » la réalité. Ce qui me touche chez Charlot, c’est cette énergie inépuisable de voir une porte de sortie, à chaque situation. Rien n’est fatalité !

Lorsque ses espoirs, ses rêves, ses aspirations s’évanouissent dans la futilité et le néant, il secoue simplement ses épaules et tourne les talons. C’est tout ce geste, ces symboliques que je veux voir sur scène avec « Chapeau, Charlot »

Il a inventé la poésie en noir et blanc, une façon de rire sans fermer son cœur, un copain pour les mômes tristes.

Comme chez un enfant, tout est possible, ici et maintenant. Il crée constamment un autre réel, que ce soit par ruse, par jeu, par séduction ou par détournement poétique. « Chapeau, Charlot » veut rendre hommage à la figure de Charlot, sans parler de Charlie ou si peu…  C’est ma lecture de Charlot que je vais essayer d’écrire.

Je ne prétends à rien, ni à lui rendre hommage, je veux juste que l’on n’oublie pas qu’un 
petit homme, le plus grand du cinéma du XXsiècle a su par son art tout raconter des temps modernes. Je veux inscrire son personnage de Charlot l’immortel dans le regard des enfants d’aujourd’hui.

LUDOVIC HAREL

Crédits: 

Écriture construction manipulation : Ludovic Harel

Mise en scène : Cédric Le Stunff

Manipulation plateau : Willy Fiot

Regard sur le Cinéma : Ananda Safo 

Trouvaille Lumière : Nicolas Guellier

Costumes et recherche : Eva Malmasson

Composition Musicale : Nathan Bloch

Programmation : Brice Kartmann

Trouvaille Lumière : Cyril Lepage

Graphisme & illustration : Célia Pigner

Photographie : Matthieu Fays 

Production : Séverine Petibon

 

Publicités